Inimaginable

Le 61 vous convie, jeudi 20 septembre 2012 à 19h, à la présentation de la troisième photo du projet INIMAGINABLE (Une image. Une semaine. Par mois), « Les Nouveaux Esclaves » (France), par Guillaume Herbaut.

Inimaginable est une association qui souhaite valoriser le travail des photographes réalisant des sujets liés aux Droits de l’Homme et aux Discriminations.
Inimaginable lance un appel à projets et propose aux photographes de développer, financer et afficher, une semaine par mois dans Paris, l’image emblématique de leur reportage.
Inimaginable a pour vocation d’être le passeur de leurs témoignages afin d’émouvoir, interroger et agir comme une « veille permanente ».
L’équipe d’Inimaginable, François Delage et Natacha Dubsky, présente au 61 son projet aux photographes, à la presse et au public.

« Aujourd’hui, encore, subsiste sur le territoire français des situations d’asservissement de femmes et d’hommes alors que la France a aboli l’esclavage en 1848. Or, au système étatique et nationalisé de la traite et de l’esclavage, a succédé un recrutement d’ordre privé qu’il est difficile d’appréhender tant ce phénomène reste caché.

Aujourd’hui, ce sont des milliers de personnes qui sont recrutées en France à des seules fins d’exploitation que ce soit dans le bâtiment, le secteur agricole ou le secteur domestique.

Invisibles, elles restent parfois plusieurs années sans être rémunérées, ne bénéficiant d’aucun jour de repos ni de vacances. Elles demeurent discriminées au sein du foyer de l’employeur sans accès aux soins de santé primaire, sans hygiène et avec un accès à la nourriture restreint. Faisant régulièrement l’objet de violences psychologiques et physiques, elles sont  soumises au libre arbitre de leurs employeurs. Parfois, ce sont des véritables actes de barbarie et de torture auxquelles elles sont confrontées.

Cette photo représente une personne ayant été asservie plusieurs années. La forêt est représentée comme une jungle urbaine où ces personnes, à la fois invisibles et visibles, tentent de retrouver leur dignité.

Visibles aux yeux des voisins, parfois des autorités françaises, il reste difficile de faire valoir leurs droits à faire réparer leurs préjudices et à faire condamner leurs employeurs. Ce n’est que grâce à l’action d’associations et du Comité Contre l’Esclavage Moderne en particulier qu’elles peuvent enfin être réellement visibles. »
Lilian Thuram pour Inimaginable

2012.09.20 Inimaginable 61