Joe Sacco

Le 61, en partenariat avec la librairie Comme un roman, vous convie, mercredi 4 juin 2014 à 19h, à la présentation de « La Grande Guerre », de Joe Sacco.
Discussion avec l’auteur et dédicace.

« La Grande Guerre », de Joe Sacco (Futuropolis)
Le premier jour de la bataille de la Somme reconstitué heure par heure
Bande dessinée de 50 pages en accordéon. Avec un livret intitulé 1er juillet 1916, contenant un préambule et des annotations de l’auteur, et une préface d’Adam Hochschild.
Edition bilingue (français, allemand)

« La bataille de la Somme opposa les armées britanniques et françaises aux forces Allemandes Elle fut l’une des plus sanglantes de la Première Guerre mondiale. Le 1er juillet 1916 détient le triste record de la journée la plus meurtrière pour les Anglais, avec 58 000 victimes dont près de 20 000 morts. Elle prit fin le 18 novembre et comptabilisa 1 060 000 victimes.  Les préparatifs de la bataille durèrent plusieurs mois. Généraux et états-majors élaborèrent des plans pour cette grande offensive, qu’ils souhaitaient décicive. Aidés de chevaux et de tracteurs, les soldats, eux, travaillaient d’arrache-pied au positionnement de milliers de canons de gros calibre, pendant que les avions de reconnaissance ronronnaient au-dessus des lignes allemandes, pour en faire le relevé. D’interminables convois de chariots montaient au front, chargés d’obus et de munitions. Et puis, en ce premier jour de juillet 1916, après le bombardement le plus massif de l’histoire de l’artillerie britannique, commença enfin la bataille de la Somme, à 7H30.
Joe Sacco raconte cette journée, en une fresque muette de près de 7 mètres de long, qui est présentée en un livre accordéon. Un livret l’accompagne avec les commentaires de l’auteur, qui explique heure par heure, le déroulement de ce jour tragiquement historique. Hanté par la Première Guerre mondiale depuis l’enfance, mais accaparé dans sa carrière journalistique par d’autres conflits plus récents, et considérant que Jacques Tardi avait traité le sujet de façon définitive avec La Guerre des tranchées, Sacco ne s’est jamais imaginé dessiner sur le sujet. En octobre 2011, à la demande d’un ami éditeur new-yorkais, il y réfléchit pourtant. Il décide de se concentrer sur le premier jour de la bataille de la Somme, car c’est à partir de ce jour-là que l’homme du peuple a pris conscience de la véritable nature de la guerre moderne.
Joe Sacco fait le choix de s’inspirer de la Tapisserie de Bayeux, joyau de l’art médiéval, qui raconte l’histoire de l’invasion de l’Angleterre par les Normands. Il peut donc montrer ce qui s’est passé ce jour-là, sans avoir recours à aucun commentaire.
Le déroulé des événements parle de lui-même quant aux responsabilités du haut-commandement, et le sacrifice des soldats. S’il représente ce premier jour de la bataille de la Somme du seul point de vue britannique, c’est que les documents, les écrits militaires anglo-saxons et les histoires relatives aux Anglais lui sont les plus familiers, ce sont ceux qui ont imprégné sa conscience. Une oeuvre surprenante, tant par sa forme que son fond et son traitement graphique En effet, Joe Sacco donne ici un dessin compact et fouillé, ne négligeant aucun détail, ignorant délibérément perspectives et proportions réalistes. Il réalise une peinture miniature comme une image d’Épinal. »

Joe Sacco est né en 1960 à Malte et vit actuellement aux USA. Il est titulaire d’une licence ès lettre et journalisme. Passionné de bande dessinée, il se fait connaître avec des comics underground dont « Yahoo » et « War Junkie », où il aborde l’actualité du moment avec la guerre du Golfe (on retrouve ces pages dans « Journal d’un défaitiste »). Il créé l’événement en 1993 avec « Palestine, une nation occupée », première bande dessinée reportage de près de 300 pages. Ses reportages suivants le conduiront en Bosnie durant la guerre en ex-Yougoslavie. De cette expérience, plusieurs livres paraissent dont « Gorazde », « Le fixer » et « Derniers jours de guerre ».
Multipliant les reportages plus courts pour différents journaux comme The New York Times Magazine, Time, Harper’s et The Guardian, Joe Sacco retourne en Palestine en 2003 afin de réaliser une longue bande dessinée documentaire (six ans de travail), « Gaza 1956 » (Prix Regards sur le monde 2011, Prix France Info de la bande dessinée d’actualité 2011, Prix du magazine Lire 2010). Passionné de musique rock et particulièrement par les Rolling Stones, auxquels il envisage de consacrer un livre, on lui doit également « Le rock et moi ».

Le 61 (3 rue de l’Oise 19e) et la librairie Comme un roman… (39 rue de Bretagne 3e) s’associent afin de vous faire partager un coup de coeur et rencontrer un auteur qu’ils apprécient.

2014.06.04 Joe Sacco 61