Titouan Lamazou

Le 61 accueille, dimanche 16 octobre 2011 à 19h, Titouan Lamazou pour son livre « Ténèbres au paradis ».
Discussion et dédicace.

« Ténèbres au paradis »
Peintures, photographies, témoignages, notes de voyages et textes de spécialistes de la région des Grands Lacs.
Gallimard. 256 pages. 29€.
Sortie en librairie le 20 octobre 2011.

Titouan Lamazou séjourne à Kinshasa en l’an 2000 pour dresser le portrait en mouvement de la riche scène artistique kinoise. En 2005, il retourne dans l’est de la RDC pour son grand projet Zoé-Zoé, Femmes du Monde. Il en rapporte d’émouvants portraits de femmes, victimes ou activistes qui racontent les conflits et les déplacements de population dans l’est du pays.
Bien qu’elles n’eussent pas grand-chose à envier aux femmes dont il a croisé la destinée au cours de cette étape africaine depuis le Darfour, en passant par la Somalie éthiopienne, le Kenya, le Sud-Soudan et l’Ouganda,  les Kivutiennes l’impressionnèrent par leur peur et leur grand courage. Au point de s’impliquer dans l’action d’une ONG en parrainant un programme d’aide à des femmes de Butembo auxquelles il rendit visite au long des années qui suivirent. L’artiste découvrait sur le terrain le phénomène du viol-arme de guerre dénoncé pourtant depuis un certain temps par diverses organisations de défense des droits humains et pratiqué de manière massive en ces régions depuis des années. De justes croisades furent entreprises en Europe et dans le monde, auxquelles il se joignit, pour alarmer les consciences sur cette horreur faite aux femmes des Grands-Lacs. Il ressentait néanmoins un certain embarras dans cette approche manichéenne d’une réalité qui occultait peut-être la recherche de ses causes mêmes. Sans parler du sort des hommes victimes des groupes armés au même titre que leurs compagnes. À se focaliser sur les actes épouvantables de ces rebelles, n’en viendrions-nous pas à éluder l’origine de cette folie meurtrière ? La misère et l’humiliation qui ont jeté ces hommes (pas des femmes en effet, ou si peu) sur les sentiers de la guérilla, pour vivre pendant parfois des décennies une existence de bêtes traquées dans les forêts en se livrant à des abominations dont ils ont probablement perdu la notion en chemin, mais qui demeurent à la mesure de la corruption, du racket et du népotisme, de l’assassinat politique érigés en normalité de gouvernement par des dictateurs élus, présidents à vie (des hommes en totalité…) qui se sont arrogé le monopole de la violence pour déposséder leur peuple et les priver de tout. De tout espoir et de tout amour-propre… avec la complicité de quelques chasseurs blancs.
Titouan ressentit le besoin, pour mieux comprendre, de retourner en cette année 2011 au long de la frontière est du Congo depuis le Haut-Uélé jusqu’aux rives du lac Tanganyika. Pour éclairer ses lecteurs sur les enjeux de cette région d’apparente complexité, l’auteur s’est adjoint la collaboration de spécialistes, universitaires ou acteurs engagés, dont l’expertise vient faire écho aux témoignages des femmes dont il a choisi de réaliser le portrait.

www.titouanlamazou.com

Le voyage de Titouan Lamazou au Congo donne lieu à deux expositions :
– A Bayeux (Halle Saint-Patrice), du 3 au 30 octobre 2011, dans le cadre du Prix Bayeux-Calvados des Correspondants de guerre.
– A Paris, à la galerie Polka (12 rue Saint-Gilles), à partir du 10 novembre 2011.

 

2011.10.16 Titouan Lamazou 61